Texte de Philippe Niel

Saint Brieuc, mai 2006

Emmanuel Audrain est un documentariste, dont les films gravitent autour de deux univers : Le premier c’est la mer. Non pas celle de Trenet ou de Valéry, mais celle, plus grave, que lui inspira le film de Kaminker et Dumaître, tourné en 1958 à l’île de Sein, «La mer et les jours».
Depuis son premier film «Boléro pour le thon blanc», Ile d’Yeu 1985, en passant par «Les enfants de l’Erika», jusqu’à «Alerte sur la ressource», en 2002, les films d’Emmanuel Audrain vont au plus près des prises de conscience de notre époque, sans jamais en oublier l’humanité au sens propre, c’est-à-dire le peuple des pêcheurs et autres gens de mer.
Le deuxième univers de ses films, c’est la capacité d’écoute dont ils témoignent, on pourrait presque parler d’amitié comme valeur de plan ou de cadrage. Ce sont des films comme «Mémoire des île», «PARTIR accompagné», «Je suis resté vivant !» et tout dernièrement, «Le testament de Tibhirine».

Emmanuel se souvient que le travail du documentariste québécois Pierre Perrault, l’a marqué. L’auteur de «Pour la suite du monde» filme les habitants de l’Ile aux coudres et partage avec eux, dans la durée, l’aventure du tournage.
Ce qu’Emmanuel offre le plus généreusement à ceux qu’ils filment, c’est cette aventure du tournage, qu’il paye avec son temps. « Avancer par des chemins, non connus d’avance ».
Il a pour habitude de tourner, d’envoyer ses « rush » sur cassette VHS, puis de tourner encore. Ses films se font lentement.
C’est un engagement, pas toujours facile à vivre économiquement.
Mais, ceux qu’il filme ne s’y trompent pas ; ils apprécient ce respect et s’étonnent toujours d’être allés aussi loin.

Emmanuel note que ce qui le bouleverse, dans sa vie et dans ses films, c’est de découvrir chez l’autre, le sens du bien commun, l’intelligence du cœur..

Philippe Niel.

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