Ca a été une période d’intense
interrogation. Chacun savait qu’il avait sa propre vie… totalement
risquée, du matin jusqu’au soir. Moi, j’habitais ici... On partait
le matin, personne ne pouvait dire, si on allait remonter le soir.
( … )
On était ensemble, dans cette certitude… Que notre vocation, notre
mission, notre tâche, c’était de faire une église |
fraternelle de la communauté
algérienne musulmane. Pendant tant de siècles, en beaucoup de lieux,
chrétiens et musulmans, se sont combattus, se sont exclus, les uns
les autres… Nous étions, devant une crise de société, où certains,
voulaient justement pousser cette exclusion, jusqu’au bout, en nous
obligeant à partir. Mais où, plus cette pression s’accentuait, |
plus nos amis et proches…
Tout en nous disant : « Vous devriez partir, vous devriez partir.
» Etaient très heureux de savoir que finalement, on choisissait la
solidarité. Cela contribuait à l’espérance de tous. Ils disaient :
« Si, ils décident de rester avec nous, c’est qu’il y a encore une
sortie possible.
On peut espérer cette « sortie ». ( ... )
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